News · Baillie Gifford US Growth Trust plc
US Growth révèle l'offre refusée par Saba : les actionnaires voteront le 23 octobre
Le conseil dit avoir proposé une sortie en numéraire proche de l'actif net. Le vote porte désormais autant sur la liquidité que sur l'avenir d'un portefeuille riche en sociétés privées.
Le conflit entre Baillie Gifford US Growth Trust et Saba Capital vient de changer de nature. Le conseil affirme avoir proposé une sortie en numéraire à environ 99,75 % de l'actif net. Saba l'aurait refusée. Le 23 octobre, l'actionnaire ne votera donc plus seulement sur une décote boursière : il devra choisir qui doit piloter un portefeuille où Anthropic, SpaceX, Stripe et d'autres actifs privés exigent du temps.

Ce qui est nouveau depuis notre premier article
Notre première analyse du conflit avec Saba posait la question centrale : comment offrir une sortie proche de l'actif net sans forcer la vente d'actifs privés difficiles à céder ? La circulaire publiée le 17 septembre apporte une pièce importante.
Le conseil de Baillie Gifford US Growth Trust indique avoir proposé à Saba, ainsi qu'aux autres actionnaires souhaitant participer, une sortie en numéraire calculée sur l'actif net diminué des seuls frais de réalisation du portefeuille. Les autres coûts auraient été supportés par le gestionnaire. Le prix indicatif aurait ainsi atteint environ 99,75 % de l'ANR.
Selon le conseil, Saba a rejeté toutes les propositions. Ce refus est un fait rapporté par une des parties au conflit. La réponse détaillée de Saba n'était pas publiée dans les pièces consultées au moment de notre analyse.
ANR : la valeur théorique, pas une caisse remplie de liquidités
L'ANR, ou actif net réévalué, correspond à la valeur estimée de tous les actifs du trust, diminuée de ses dettes. Pour les actions cotées, cette valeur est observable chaque jour. Pour Anthropic, SpaceX, Stripe ou d'autres entreprises privées, elle repose sur des transactions comparables, des tours de financement et des modèles de valorisation.
Une offre à 99,75 % de l'ANR paraît donc très proche de la valeur théorique. Mais payer du cash exige du cash réel. Si beaucoup d'actionnaires demandent à sortir en même temps, le trust doit utiliser sa trésorerie, vendre des titres cotés, emprunter dans certaines limites ou organiser la réalisation progressive d'actifs privés.
Transformer l'action en numéraire
Le prix est attractif par rapport à une décote, mais sa mise en oeuvre dépend du nombre de participants et du financement.
Conserver l'exposition au portefeuille
Les actionnaires restants gardent le potentiel de long terme, mais supportent le risque de valorisation et d'illiquidité.
Pourquoi le refus attribué à Saba compte
Saba avait demandé la nomination de trois administrateurs et défendait une possibilité de sortie proche de l'ANR. Si la proposition décrite par le conseil répondait réellement à cette demande, son rejet déplace le débat. La question n'est plus seulement : « le conseil refuse-t-il de rendre de la liquidité ? » Elle devient : « quel projet Saba poursuit-elle au-delà de la liquidité immédiate ? »
Le conseil affirme que Saba veut prendre le contrôle pour servir ses propres intérêts. Cette appréciation appartient au conseil et ne constitue pas un fait établi. Symétriquement, l'activisme de Saba ne prouve pas que le portefeuille actuel est bien géré ou que sa gouvernance ne doit pas évoluer.
Pour l'actionnaire, la bonne grille n'est donc pas de choisir un camp par réflexe. Elle consiste à comparer quatre éléments : le prix de sortie, le volume qui pourrait être accepté, la protection des actionnaires qui restent et le projet de gouvernance après le vote.
- 17 septembrePublication de la circulaire et révélation de l'offre refusée
- 14 octobre environDate limite possible chez certaines plateformes
- 21 octobre à 13 hDate limite officielle des procurations
- 23 octobre à 13 hAssemblée et vote sur les trois administrateurs proposés
- Après le voteNouvelle consultation possible sur une sortie proche de l'ANR si le conseil l'emporte
Ce que chaque issue peut changer
Si les candidats de Saba sont rejetés, le conseil indique vouloir reprendre contact avec les actionnaires au sujet d'une sortie proche de l'ANR. Il faudra alors connaître le plafond, le calendrier et la méthode de financement. Une offre trop large pourrait modifier profondément le portefeuille restant.
Si les candidats de Saba sont élus, la composition du conseil et l'équilibre des pouvoirs changeront. Mais la circulaire ne fournit pas encore un plan opérationnel complet expliquant le traitement des actifs privés, le mandat du gestionnaire et l'avenir du trust.
Le point le plus important est donc ce qui manque encore : la mécanique complète de la liquidité. Une promesse de prix ne suffit pas. Il faut savoir combien d'actions peuvent être rachetées, sur quelle période, et avec quelle protection pour ceux qui restent.
Le repère pratique pour l'actionnaire
Le vote par procuration doit parvenir au trust avant le 21 octobre à 13 h, mais les banques et plateformes peuvent imposer une échéance plus précoce, parfois autour du 14 octobre. L'actionnaire doit donc vérifier la date propre à son intermédiaire et lire les documents des deux camps avant de donner instruction.
Opulion suivra trois données, plutôt que les déclarations seules : le détail définitif de toute offre de sortie, la part du portefeuille privé après l'opération et le mandat exact du conseil issu du vote.
Sources
Ce contenu constitue une information financière générale. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une sollicitation, ni une recommandation personnalisée ou de vote.
Sources
- Notice of AGM and requisition circular · Baillie Gifford US Growth Trust · 17/09/2026
- Saba proposal to US Growth shareholders · Saba Capital · 24/08/2026
- Statement regarding requisition notice · Baillie Gifford US Growth Trust · 24/08/2026
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