NEWS · Ackermans & van Haaren NV
AvH renforce Van Moer : derrière les 11 millions, une logistique devenue plus rentable
La participation passerait à 39,77 %. Le détail intéressant est dans l'entreprise : en cinq ans, son résultat opérationnel avant amortissements a progressé plus vite que ses ventes.

Une holding peut faire grandir une entreprise sans en prendre le contrôle. Encore faut-il que la croissance améliore ce qui reste après les coûts. C'est la question derrière le nouvel investissement d'Ackermans & van Haaren dans Van Moer Logistics.
Le 19 octobre, AvH annonce un accord pour porter sa participation à 39,77 %, avec un investissement supplémentaire d'environ 11 millions d'euros. Tom Bamelis, son directeur financier, inscrit cette décision dans le partenariat avec les fondateurs Jo Van Moer et Anne Verstraeten et leur équipe.
Pourquoi revenir au capital plutôt que chercher un nouveau dossier ? Les chiffres racontent une entreprise qui a développé son activité tout en augmentant sa marge. Ils ne disent pas encore combien cette amélioration rapporte en trésorerie à son actionnaire.
Davantage de résultat pour chaque euro de vente
Van Moer organise le trajet des marchandises : transport, manutention portuaire, stockage et services associés. Sa force recherchée est de relier ces prestations. Un client peut confier un circuit logistique à un même opérateur, au lieu de coordonner lui-même plusieurs fournisseurs.
Entre 2020 et 2025, les ventes passent de 186 à 344 millions d'euros. L'EBITDA atteint 38,5 millions, contre 13,4 millions. Cet indicateur mesure le résultat avant intérêts, impôts et amortissements.
Remettons les deux évolutions sur la même ligne de départ. Avec une base de 100 en 2020, les ventes atteignent 185 en 2025, l'EBITDA 287. Le second a donc grandi nettement plus vite que les premières.
La marge d'EBITDA passe ainsi de 7,2 % à 11,2 %, soit environ quatre points de plus. Pour 100 euros de ventes, l'entreprise dégageait 7,20 euros avant ces charges en 2020, contre 11,20 euros en 2025.
Cette progression est compatible avec une meilleure utilisation des capacités ou une offre plus complète. C'est une lecture économique, pas une explication chiffrée fournie par AvH. Le communiqué ne sépare pas les effets des prix, des volumes, des acquisitions et de la productivité.
Un réseau se construit avant de produire tout son cash
Le rapport semestriel décrit le nouveau centre de Beringen, au bord du canal Albert. Les premières opérations étaient prévues au quatrième trimestre 2026, puis le terminal à la mi-2027. Ces échéances de chantier donnent une mesure plus concrète du développement que la seule hausse des ventes.
Un entrepôt peut commencer à fonctionner avant que toutes les liaisons prévues soient disponibles. Et une marge meilleure peut coexister avec un besoin de financement : bâtiments, équipements et marchandises en circulation mobilisent du capital.
Le communiqué emploie l'expression de cash-flow opérationnel pour l'EBITDA. Nous retenons ici le nom de l'indicateur : EBITDA. Le cash disponible vient après les investissements, les intérêts, les impôts et les variations des besoins de fonctionnement. Le montant qui remonte à AvH dépend ensuite des distributions décidées.
- EXPLOITATIONRelier transport et stockageLes ventes doivent laisser une marge après les coûts d'exploitation.
- FINANCEMENTÉquiper le réseauInvestissements et besoins de fonctionnement absorbent une partie des ressources.
- DISTRIBUTIONPartager le cash disponibleUne décision de distribution est nécessaire avant tout encaissement chez AvH.
Un renforcement ciblé à l'échelle du holding
Les 11 millions annoncés représentent environ 0,19 % des 5 898,5 millions de capitaux propres d'AvH au 30 juin 2026, selon notre calcul. Cette comparaison donne l'échelle du nouvel investissement. Elle ne mesure ni le poids total de Van Moer dans le portefeuille ni son effet sur l'actif net actuel.
AvH détenait déjà une participation avant cette opération. Son intérêt économique affiché sur la fiche de Van Moer est de 32,44 %, contre 32,4 % dans le rapport semestriel arrondi. L'accord annoncé ajoute donc environ 7,33 points. Il maintiendrait AvH sous la majorité du capital, sans que ce seul pourcentage permette de conclure sur tous les droits de gouvernance.
Le prix détaillé des titres, la dette de Van Moer et la répartition entre argent versé à l'entreprise et éventuels vendeurs ne sont pas précisés. Diviser les 11 millions par le gain de participation donnerait une valorisation séduisante de simplicité, mais dont les hypothèses ne sont pas documentées.
Notre analyse des moteurs d'AvH expliquait le rôle de la banque privée et de DEME. Van Moer illustre un autre travail du holding : accompagner une entreprise en développement, puis remettre du capital lorsque le dossier progresse.
Les prochaines preuves seront opérationnelles : l'ouverture de Beringen selon le calendrier annoncé, la tenue des marges et la conversion du résultat en trésorerie après investissement. Pour l'actionnaire d'AvH, c'est là que se mesurera la qualité du renforcement.
Comment nous avons compté
Ventes : 344 ÷ 186 − 1, soit +84,95 %. EBITDA : 38,5 ÷ 13,4 − 1, soit +187,31 %. Marges : 13,4 ÷ 186 et 38,5 ÷ 344. Échelle du ticket : 11 ÷ 5 898,5, soit 0,1865 %. Ces calculs utilisent des chiffres arrondis publiés, sans retraitement de périmètre. L'accord annoncé n'est pas présenté comme un paiement déjà exécuté. Consultation des pièces le 19 octobre 2026.
Sources
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