NEWS · Ackermans & van Haaren NV
AvH : SIPEF prévoit plus de cash, avec des replantations qui pourraient attendre
Les profits agricoles progressent. Mais la trésorerie prévue profite aussi d’un calendrier d’investissements revu sous l’effet de la sécheresse.

Le 15 octobre, SIPEF prévoit de terminer 2026 avec 130 à 150 millions de dollars de trésorerie nette, après déduction de ses dettes financières. La société pourrait aussi décaler certaines replantations à 2027, faute d’humidité suffisante dans les sols.
Combien vient de l’activité, et combien tient à une dépense repoussée ? Davantage de cash peut venir d’une activité qui gagne plus, mais aussi d’une dépense qui attend. Pour l’actionnaire d’Ackermans & van Haaren, la différence compte.
SIPEF est un moteur agricole mesurable chez AvH
SIPEF produit de l’huile de palme et des bananes en Indonésie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Côte d’Ivoire. AvH en détenait 43,32 % au 30 juin. C’est une participation minoritaire, comptabilisée en intégrant sa quote-part de résultat, plutôt qu’en additionnant toutes les ventes de SIPEF.
Au premier semestre, SIPEF a contribué 22,1 millions d’euros aux 339,6 millions de bénéfice net d’AvH. Soit environ 6,5 % du résultat du holding. Le moteur compte, tout en restant plus petit que les activités maritimes et bancaires.
La trésorerie de SIPEF reste d’abord chez SIPEF. Elle finance ses plantations, ses projets et ses distributions. Une hausse du cash agricole devient une ressource pour AvH lorsqu’elle remonte effectivement au holding, notamment par un dividende.
La production améliore réellement les résultats
Le communiqué donne des raisons opérationnelles à l’amélioration. Sur neuf mois, la production d’huile de palme augmente de 10,4 %. Les volumes supplémentaires contribuent à absorber les frais de production.
Le 15 octobre, Bart Cambré, directeur financier de SIPEF, indique que les coûts unitaires ont baissé de 1,6 % malgré le renchérissement de certains intrants. Le groupe prévoit un résultat annuel récurrent, part du groupe, de 140 à 150 millions de dollars.
La prudence tient au mot « prévoit ». Les volumes du dernier trimestre, les prix et les prélèvements à l’exportation continueront de déterminer le résultat final. La progression du cash repose néanmoins sur une activité dont les volumes sont déjà observables.
Les replantations déplacent une partie de la dépense
Un palmier nouvellement planté doit s’enraciner dans un sol assez humide. Sous les conditions sèches associées à El Niño, SIPEF envisage de reporter une partie du programme prévu au dernier trimestre. Les jeunes plants peuvent attendre. Le besoin de renouveler les plantations reste entier.
La société rattache sa nouvelle estimation d’investissements à ce décalage possible. Le tableau compare les deux fourchettes publiées, sans transformer leur différence en économie définitive.
| Prévision d’investissements pour 2026 | Montant en dollars américains | Lecture |
|---|---|---|
| Présentée au semestre | 100 à 120 millions | Programme initial annoncé |
| Mise à jour du 15 octobre | 90 à 100 millions | Certaines replantations pourraient passer en 2027 |
Ces dépenses entretiennent l’outil de production. Les repousser laisse temporairement davantage d’argent en caisse. Les supprimer durablement poserait une autre question : celle des récoltes futures.
Plus de volumes, plus de cash potentiel
Les ventes peuvent financer les investissements et les distributions.
Une replantation attend
Le cash reste momentanément disponible, avec un investissement à reprendre ensuite.
Le premier mécanisme relève de la performance. Le second relève du temps. Le communiqué ne chiffre pas séparément la part de chacun dans la trésorerie attendue.
Le point de départ change la lecture du cash
Fin 2025, SIPEF disposait de 88,4 millions de dollars de trésorerie nette. Fin juin, ce montant atteignait déjà 124,5 millions. La cible de décembre prolonge donc une amélioration largement engagée au premier semestre.
- 31 décembre 202588,4 M$ constatésPoint de départ de l’exercice.
- 30 juin 2026124,5 M$ constatésL’essentiel de la hausse annuelle envisagée est déjà visible.
- 31 décembre 2026130 à 150 M$ prévusMontant encore dépendant des dépenses et des flux de fin d’année.
Pour AvH, l’intérêt est donc double : suivre les profits de sa participation, puis vérifier comment son capital reste productif. C’est le prolongement agricole de notre analyse des moteurs de cash du holding.
Ce que nous ne savons pas
Le montant exact des replantations reportées reste inconnu. Les comptes annuels, attendus en février 2027 selon le calendrier de SIPEF, préciseront les dépenses réellement engagées. L’effet de la sécheresse sur les récoltes suivantes restera à suivre au-delà de cette date.
Tiabam, dont nous avions expliqué l’acquisition, a été acquis le 30 septembre, avec effet comptable au 1er octobre. Il n’a donc pas contribué aux neuf mois présentés. Son prix n’est toujours pas précisé dans cette publication.
Comment nous avons compté
La contribution au bénéfice d’AvH est calculée par 22,1 / 339,6. Elle ne mesure ni le poids dans l’actif net ni un dividende. Les montants SIPEF restent en dollars pour comparer les prévisions sans ajouter un mouvement de change. Aucune ventilation chiffrée du cash futur n’est reconstruite à partir de données manquantes.
Sources
- SIPEF, déclaration au 30 septembre, publiée le 15 octobre 2026, version originale néerlandaise, pages 2, 8, 9 et 10
- SIPEF, même déclaration, traduction anglaise, pages 2, 7, 8 et 9
- AvH, rapport semestriel publié le 28 août 2026, pages 17, 18 et 30 : contribution, détention, cash et programme d’investissements SIPEF
- SIPEF, calendrier financier communiqué le 10 juin 2026
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