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Journal / Baillie Gifford US Growth détaille son entrée au capital de SpaceX à l'introduction en bourse

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Baillie Gifford US Growth détaille son entrée au capital de SpaceX à l'introduction en bourse

Le fait

Baillie Gifford US Growth a publié le 17 juillet 2026 une note signée Ben James expliquant pourquoi la fiducie a souscrit à l'introduction en bourse de SpaceX, complétant une note préparatoire diffusée le 21 mai.

L'équipe rappelle qu'elle détenait SpaceX depuis 2018, en non-coté, alors que la société était valorisée environ 30 milliards de dollars. Elle souligne que cette antériorité n'emportait aucune décision : l'introduction a fait l'objet d'une évaluation neuve. SpaceX est arrivée sur le marché à une valorisation d'environ 1 700 milliards de dollars, soit environ 92 fois ses revenus de 2025 - un multiple dont la fiducie écrit qu'il « laisse peu de place à un dénouement ordinaire ».

Les éléments avancés à l'appui de la décision sont chiffrés. SpaceX aurait acheminé plus de 80 % de la masse mise en orbite dans le monde depuis 2023, et réalisé 165 lancements en 2025, soit près d'un tous les deux jours. Starlink est devenue la première activité du groupe : environ 61 % des revenus 2025 et plus de 10 millions d'abonnés début 2026.

La note révèle surtout le périmètre élargi de l'ensemble : SpaceX intègre désormais xAI, X.com et des capacités de centres de données significatives. Deux contrats sont chiffrés. En juillet 2026, Anthropic verserait 1,25 milliard de dollars par mois pour de la capacité au centre de données Colossus de Memphis, et Google aurait accepté de verser 920 millions de dollars par mois pour la location d'environ 110 000 processeurs graphiques Nvidia - soit, selon la fiducie, 26 milliards de dollars de revenus annuels provenant de ces deux clients, sur des contrats courant jusqu'à mi-2029.

Sur Starship, la fiducie retient qu'un succès permettrait d'emporter environ quatre fois la charge utile de Falcon 9 et de réduire le coût de lancement d'un ordre de grandeur supplémentaire, tout en écrivant qu'elle ne tient pas ce succès pour acquis.

Deux éléments concernent directement la conduite du portefeuille. Sur la mécanique de l'introduction, seuls 3 à 4 % du capital devaient s'échanger librement au départ, le reste étant soumis à des périodes de blocage échelonnées. Et sur le financement de l'opération : la fiducie indique avoir allégé une partie de sa position Tesla pour financer l'achat, afin de contenir son exposition globale aux sociétés dirigées par Elon Musk, puis avoir pris une partie de ses profits dans les jours suivant l'introduction, conservant SpaceX au rang de position initiale.

Les risques sont nommés : une structure de gouvernance qui concentre les droits de vote et limite l'influence des minoritaires, la complexité comptable née du rapprochement avec xAI, le coût environnemental des lancements et l'exposition à la défense.

Le repère Opulion

Le fait le plus instructif de cette note n'apparaît qu'en la rapprochant d'une autre fiducie du même gestionnaire.

Sur le même trimestre, deux véhicules de Baillie Gifford ont pris des décisions opposées sur Tesla. Scottish Mortgage s'est entièrement défaite de sa ligne en avril, après treize ans, et Tesla ne figure plus à son relevé du 30 juin. Baillie Gifford US Growth, elle, a réduit la sienne pour financer SpaceX et la conserve : 1,448 % du portefeuille au 30 juin. Deux fiducies, une même maison, un même actif, deux issues - le lecteur qui suit les deux véhicules a intérêt à savoir que leurs décisions ne se recopient pas.

Sur SpaceX, les deux fiducies convergent en revanche vers une concentration comparable. Notre relecture des relevés au 30 juin donne 25,674 % chez Scottish Mortgage et 19,828 % chez US Growth - dans les deux cas la première ligne, et de loin. Un actif unique porte donc environ un cinquième à un quart de deux des véhicules suivis par Opulion.

Dernier croisement, et c'est le plus curieux. La note chiffre à 1,25 milliard de dollars par mois ce qu'Anthropic verse à SpaceX pour de la capacité de calcul. Or Anthropic est aussi une participation de la fiducie, à 6,112 % du portefeuille au 30 juin - troisième ligne non cotée derrière Stripe. Autrement dit, US Growth détient simultanément le fournisseur et le client d'un même contrat, pour un cumul de près de 26 % de son portefeuille. Ce n'est en soi ni un défaut ni une qualité, mais c'est une corrélation que la lecture ligne à ligne fait apparaître et qu'aucun des deux documents ne signale.

Sources