OPULION
Journal / Ackermans & van Haaren gagne 339,6 millions au premier semestre, et referme l'écart de 26 000 actions propres que nous avions signalé le 22 août

Actualité · Ackermans & van Haaren NV

Ackermans & van Haaren gagne 339,6 millions au premier semestre, et referme l'écart de 26 000 actions propres que nous avions signalé le 22 août

Le fait

Ackermans & van Haaren est un holding coté sur Euronext Bruxelles. Il a publié ses résultats semestriels le 28 août 2026 à 7 heures, avec la mention « information réglementée au sens de l'arrêté royal du 14 novembre 2007 ». Le résultat net part du groupe s'établit à 339,6 millions d'euros, contre 273,2 millions un an plus tôt, soit 66,3 millions de plus, une hausse de 24 %.

Un ordre de publication qui n'est pas anodin. Deux filiales cotées du groupe avaient déjà parlé : DEME Group le 26 août à 7 heures, et CFE le 27 août à 7 heures. Une filiale cotée publie pour ses propres actionnaires, selon son propre calendrier, sans attendre sa maison mère. Une part substantielle du résultat du holding était donc publique avant qu'il n'ouvre la bouche. C'est une régularité exploitable à chaque semestre.

La contribution par segment, en millions d'euros et en part du groupe :

SegmentS1 2026S1 2025Écart
Private Banking148,0134,3+13,7
Marine Engineering & Contracting140,2117,0+23,2
Energy & Resources22,319,6+2,7
Growth Capital21,4−1,2+22,6
Real Estate12,313,9−1,6
AvH & sous-holdings−7,9−11,7+3,8
Plus-values nettes3,31,5+1,8
Résultat net consolidé339,6273,2+66,3
Contribution de chaque segment au résultat net part du groupe d'Ackermans & van Haaren au premier semestre 2026 comparée au premier semestre 2025
Figure 1. Deux segments font l'essentiel, un troisième passe du rouge au vert. Source : rapport financier semestriel 2026.

Le détail sous les segments : DEME apporte 132,3 et CFE 8,1 dans Marine Engineering ; Delen Private Bank 109,2 et Bank Van Breda 38,3 dans Private Banking ; Nextensa 12,3 dans Real Estate ; SIPEF 22,1 dans Energy & Resources.

Les capitaux propres part du groupe atteignent 5 898,5 millions d'euros, soit 180,58 euros par action après correction des actions propres, contre 163,89 un an plus tôt. La trésorerie nette du holding s'élève à 524,4 millions, et le groupe indique n'avoir aucune dette financière à ce niveau. La perspective annuelle est relevée : le conseil attend « une croissance du bénéfice net de plus de 10 % pour l'ensemble de l'exercice ».

Le repère Opulion

Nous avions laissé une question ouverte le 22 août. Le rapport y répond. Dans notre note sur le contrat de liquidité, nous relevions un écart de 26 000 actions propres exactement, entre l'encours publié et le solde des opérations déclarées, et nous écrivions qu'un nombre aussi rond ressemblait à un bloc acquis hors du contrat, vraisemblablement pour garnir des plans d'options, en précisant que c'était une hypothèse, pas une lecture. La note 7.8 du rapport semestriel tranche, et l'hypothèse était la bonne.

Poche « plan d'options »Titres
Solde au 31 décembre 2025456 350
Acquisitions du semestre+45 750
Livrées sur exercice d'options−19 750
Solde au 30 juin 2026482 350
Comparaison à échelle commune entre les 45 750 actions propres acquises par Ackermans & van Haaren au premier semestre 2026 et les 19 750 livrées sur exercice d'options
Figure 2. 45 750 acquises moins 19 750 livrées : le mouvement net est de 26 000 titres exactement. Source : note 7.8 du rapport financier semestriel 2026.

45 750 moins 19 750 font 26 000, au titre près. La poche du contrat de liquidité, elle, passe de 21 840 à 11 111 titres, avec 528 106 achats et 538 835 cessions sur le semestre. Total des actions propres au 30 juin : 493 461 titres, soit 1,49 % des 33 157 750 actions émises, contre 478 190 et 1,44 % à fin 2025. Chaque ligne se recolle.

Et l'enseignement vaut au-delà d'AvH. L'écart n'était pas une incohérence de l'émetteur : il était une conséquence du format. Les communiqués hebdomadaires ne publient que les mouvements du contrat de liquidité et des points d'encours ; le rapport semestriel est le premier document à publier les deux jambes du plan d'options séparément. Un lecteur qui compare deux points d'encours sans disposer des flux intermédiaires fabrique nécessairement un écart. La leçon est de méthode : ne jamais conclure à une anomalie de l'émetteur quand on peut d'abord conclure à une insuffisance du document que l'on tient.

Deux segments portent presque tout. Private Banking et Marine Engineering totalisent 288,2 millions, soit 89 % de la contribution des métiers de base (322,8) et 85 % du résultat net consolidé. Un holding présenté comme diversifié tient donc son semestre sur deux jambes, la banque privée et le dragage. Ce n'est ni bon ni mauvais en soi, c'est le profil de risque réel, et il ne se lit pas dans le chiffre du haut.

Le retournement du Growth Capital est le mouvement le plus discret et le plus significatif. Il passe de −1,2 à +21,4 millions, soit 22,6 millions d'écart, un tiers de la progression totale de 66,3 millions. Marine Engineering en apporte 23,2 et Private Banking 13,7. Autrement dit, une poche qui pesait négativement il y a un an contribue aujourd'hui autant que le métier historique. C'est le genre de bascule qu'un titre annonçant « +24 % » ne laisse pas voir.

Ce que le rapport ne fait pas, et qu'il faut savoir avant de recalculer. Les colonnes par segment ne tombent pas toujours exactement sur les totaux imprimés, à 0,1 ou 0,2 million près. C'est l'arrondi de l'émetteur sur des chiffres à une décimale, présent dans la source : il faut reproduire tel que publié plutôt que de corriger. Par ailleurs, aucun dividende intérimaire n'est annoncé : la seule distribution du semestre est le dividende ordinaire de 4,60 euros bruts par action versé en juin après l'assemblée du 26 mai, soit 150,3 millions d'euros.

Un événement postérieur à la clôture, à suivre. Le même jour, AvH a annoncé un investissement de 93 millions d'euros pour 37,5 % de Grieg Aqua, société détenant 50,17 % du groupe norvégien coté Grieg Seafood ASA, avec une réalisation attendue au quatrième trimestre. Le holding entre ainsi dans l'élevage du saumon. Ce sujet mérite son propre examen et ne se traite pas en une ligne.

Sources