OPULION
Journal / Fairfax rachète pour 1,1 milliard de dollars de ses propres titres et publie une valeur comptable de 1 304 dollars par action

News · Fairfax Financial Holdings Limited

Fairfax rachète pour 1,1 milliard de dollars de ses propres titres et publie une valeur comptable de 1 304 dollars par action

Le fait

Fairfax Financial Holdings a publié le 30 juillet 2026 ses résultats du deuxième trimestre.

Le bénéfice net attribuable aux actionnaires s'établit à 1 392,7 millions de dollars, soit 63,38 dollars par action diluée, contre 1 436,7 millions et 61,61 dollars un an plus tôt - le bénéfice par action progresse donc alors que le bénéfice total recule, effet du nombre de titres. La valeur comptable par action de base atteint 1 304,39 dollars au 30 juin 2026, contre 1 260,19 dollars au 31 décembre 2025, soit une progression de 4,8 % une fois retraitée du dividende de 15 dollars par action versé au premier trimestre.

L'activité d'assurance et de réassurance dommages dégage un résultat opérationnel ajusté de 1 105,5 millions de dollars, contre 1 130,0 millions un an plus tôt. Le ratio combiné consolidé ressort à 93,1 % sur base non actualisée, pour un résultat technique de 458,6 millions. Sur le périmètre dommages, les primes brutes émises progressent de 4,1 % et les primes nettes émises de 2,4 %, une croissance que la société attribue à son segment d'assureurs et réassureurs mondiaux « malgré un environnement tarifaire plus concurrentiel ». Au niveau consolidé - vie et run-off compris - , les primes brutes émises atteignent 9 633,9 millions de dollars sur le trimestre et 18 443,2 millions sur le semestre, contre 9 176,3 et 17 650,3 un an plus tôt. Les intérêts et dividendes encaissés atteignent 652,4 millions, contre 579,7 millions.

Les gains nets sur investissements s'élèvent à 768,9 millions de dollars, dont 743,8 millions sur les expositions actions. Ils tiennent principalement à une plus-value réalisée de 838,4 millions sur la cession de 23,1 % de Poseidon, partiellement compensée par 122,1 millions de moins-values de marché sur obligations, sous l'effet de la hausse des taux.

Enfin, la société indique avoir racheté 680 307 de ses actions à droit de vote subordonné en vue de leur annulation, pour 1 089,3 millions de dollars, soit 1 601 dollars par action, sur le seul deuxième trimestre.

Le repère Opulion

Ce trimestre place Fairfax dans une comparaison que la saison rend possible pour la première fois : quatre des sociétés que nous suivons ont racheté leurs propres titres et publié, à la même date, une mesure de leur valeur intrinsèque.

SociétéRachatsPrix moyenValeur publiée par action
Fairfax1 089,3 M$ au T21 601 $valeur comptable 1 304,39 $
Wendel310 M€ depuis février80,81 €actif net réévalué 158,9 €
Scottish Mortgage184,3 M£ en un mois1 363,75 pactif net 1 574,84 p
GBL773 M€ rendus, dividende inclusnon publiéactif net réévalué 100,77 €

Trois de ces sociétés rachètent en dessous de la valeur qu'elles publient ; Fairfax rachète au-dessus. Le fait mérite deux précautions, que nous préférons écrire plutôt que de laisser le tableau parler seul.

D'abord, ces mesures ne sont pas de même nature. La valeur comptable d'un assureur est une grandeur comptable, construite selon des normes de consolidation ; l'actif net réévalué d'une société de portefeuille est une valorisation de marché, ligne par ligne. Les rapprocher éclaire, mais ne les rend pas équivalentes, et personne ne devrait en tirer une comparaison de « cherté » entre les quatre.

Ensuite, nous ne portons ici aucune appréciation sur l'opportunité de ces opérations : chaque conseil d'administration décide au vu d'informations que nous n'avons pas. Ce que le rapprochement montre, en revanche, est un fait de gouvernance : dans cette famille de sociétés, le rachat d'actions n'obéit pas à une règle commune. Chez Wendel et Scottish Mortgage, il s'appuie explicitement sur l'écart entre le cours et l'actif net publié - Wendel chiffre d'ailleurs à +2,8 euros par action l'effet relutif du seul deuxième trimestre. Chez Fairfax, l'argument est nécessairement autre, puisque le prix payé dépasse la valeur comptable.

Un dernier chiffre, pour l'ordre de grandeur : les 1 089,3 millions de dollars rachetés par Fairfax sur un seul trimestre dépassent la totalité du programme de Wendel, 310 millions d'euros étalés sur cinq mois et représentant pourtant 9 % de son capital. La taille du bilan, pas l'intensité de l'engagement, explique l'essentiel de cet écart.

Sources